Portrait de Paul DEVAUX, un triathlète épanoui.
 > Isabelle - Source EMC.

Le triathlon, une découverte qui a entraîné en 1994, un profond bouleversement dans la vie de Paul Devaux. Paul a aujourd'hui 49 ans, sa vie est aujourd'hui saine et équilibrée, mais il n'en pas toujours été ainsi.

En 1994, sa vie professionnelle bascule. Jusque là Paul était cadre dans une importante société de BTP, brutalement licencié, la situation dans laquelle il se retrouve va s'accompagner d'une grosse remise en question.. Comme il l'affirme lui-même '' A cette époque mon sport favori, c'était resto le midi. resto le soir et les apéros après les réunions de travail. Je pesais 86 kg (pour 1m70) et je fumais 2 paquets de cigarettes par jours''. Mais conscient de la voie dans laquelle il s'est engouffrée, il décide de ''tirer un trait sur tout ''. Paul reprend ses études et décide surtout de reprendre le sport après vingt ans d'inactivité. Une reprise qui sera difficile, son dernier exploit étant une marche de 120 kilomètres et sa qualification au championnat inter armé de parcours du combattant lors de son service militaire en 1976. Après ses trois ans d'étude, il intègre le lycée professionnel Fernand DEGRUGILLIER à AUCHEL dans le Nord, comme professeur.

Comme c'est souvent le cas, votre vie peut basculer sur une simple rencontre. En 1994, Paul rencontre des jeunes à l'université qui pratiquaient de multiples activités sportives. Rapidement, il retrouve un semblant de jeunesse, se prend au jeu et achète un vélo de course pour 500 F Mais les bonnes intentions ne suffisent pas toujours, la volonté doit aussi être de la partie dans pareils cas. '' Quelle galére je n'arrivais même pas à monter un simple pont au-dessus d'une autoroute mais je me suis accrocher tant bien que mal''. La même année, lors de ses vacances dans le massif central, il fait connaissance d'un coureur à pied. ''Au début, je courrais 100 m et je marchais 100 une misère''. Trois mois plus tard, notre homme s'aligne au départ des 10km de Tourcoing. Mais entre temps, notre homme s'est mis en tête de nager... en brasse. Il rencontre Serge, un ami à présent qui souriait à l'époque lorsque Paul lui affirma vouloir se mettre au triathlon. ''Il pouvait rire à l'époque, je nageais comme un crapaud sur une pelle chaude, je pédalais comme une patate et je courrai comme je pouvais. ''

Mais notre homme n'est pas du style à se décourager. Seul un hiver séparera l'idée de sa première course.

Ne désirant pas faire les choses à moitié, en 1995, il prend le départ d'une dizaine de triathlon promotion et surtout relève un défi qu'il croyait hors de ma portée courir la même année un marathon en début de saison et un autre en fin d'année.

''Mon entourage, mes amis ont cru que j'étais tombé sur la tête je me tapais jusqu'à 16 ou 18 heures de sport par semaine, le tout avec des régimes draconiens. Le triathlon est devenu ma nouvelle façon de vivre.'' Une affirmation qui rejoint les paroles de François Chabaud prononcées lors d'un reportage télévisé : ''le triathlète est un être à part, il mange, il respire, et dort triathlon.''

Mais aujourd'hui Paul peut être satisfait. Lors des différentes épreuves que ce soit à DOUAI (59) ou à HAZEBROUCK même s'il finit dernier, Paul est devenu dans sa région une coqueluche tellement sa volonté, sa détermination impressionnent. Le résultat n'a que peu d'importance et même si comme à Dunkerque l'an passé, il arrive 2' après la limite, il est heureux car lui seul sait par où il a du passer pour avoir la chance d'être là. Une manière de voir et de vivre les choses qui rejoint l'état d'esprit originel du triathlon. Cependant, tout cela n'a été possible qu'avec le soutien de son entourage. Ses premiers supporters sont sans contestent son épouse et ses trois enfants qui acceptent toutes ses frasques.

''Dans le triathlon je n'ai que des amis, il suffit d'aller sur les sites des clubs de Douai ou sur le site de mon club pour le constater''. En effet, Paul Devaux fait l'unanimité, chaque année il est l'invité du triathlon de St Laurent des eaux (41), une épreuve célèbre sur laquelle les meilleurs athlètes français se donnent rendez-vous. Un rayonnement qui va bien au-delà du sport. Ses élèves sont impressionnés, le respectent et sont toujours partant pour relever des défis et suivre leur professeur.

Mais le nordiste n'est pas seulement un athlète, il s'investit pleinement dans son club, le triathlon club d'Hazebrouck dont il est le trésorier. Il est également très impliqué au sein du club de volley de Lillers, sport ou il exerce un autre talent celui d'arbitre.

Ses objectifs sont restés les mêmes, ''PROGRESSER et en course me FAIRE PLAISIR et dans le fond de moi-même faire plaisir à ma petite famille. J'ai trouvé un équilibre, mon épouse et mes enfants me soutiennent, mes copains du tri et du volley sont mes supporters et lorsque je réussis c'est aussi leur réussite.''

Cette année, son entourage le sait, l'objectif c'est l'Ironman de Gérardmer. Un vrai défi.

Nous laissons le dernier mot à ce grand homme, qui sans nul doute suscitera des passions.

''Je fumais, j'étais bien portant, j'étais sédentaire, je n'avais plus aucune activité sportives depuis plus de 20 ans. Aujourd'hui j'ai perdu 17 kilos et je pèse 69 kg. Le triathlon m'a fait découvrir une grande école de la vie. En effet, c'est peut être le seul sport dans lequel l'athlète de haut niveau aura un petit mot d'encouragement pour l'athlète amateur et pour des gens. Merci.''